dimanche 27 septembre 2020

« La chute du Japon » de William Craig

Loin de l’histoire militaire pleine de bruits, il y a la petite grande histoire, celle qui se déroule dans des réunions feutrées, ou dans des consciences déchirées entre devoirs, intérêts, peurs et réalisme. C’est plutôt celle-là que William Craig choisit de décrire. En 1967, ce livre rapportait les souvenirs des survivants des dirigeants de l’Empire japonais pendant les jours les plus terribles de son histoire. Si quelques pages décrivent les événements militaires de la toute fin de la guerre ou s’étendent sur la mission qui a failli ne pas lâcher la deuxième bombe atomique sur Nagasaki, l’essentiel tourne autour des discussions, tergiversations et affrontements des divers dirigeants japonais.

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dimanche 23 août 2020

« La sorcellerie en Alsace aux 16è et 17è siècles » de Rodolphe Reuss

Petite analyse des procès en sorcellerie, en une époque que l’on croyait déjà civilisée. La grande époque des bûchers de sorcières, ce n’est pas l’obscur Moyen Âge, mais les siècles suivants. Et le nombre de femmes (surtout) torturées, étranglées, brûlées, pour une aussi petite région que l’Alsace, fait froid dans le dos.

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samedi 8 février 2020

« Comment l'Empire romain s'est effondré » de Kyle Harper : climat, maladie et chute de Rome

Les causes et le processus de la chute de Rome font débat depuis des siècles, et les théories ne manquent pas. Le livre de Kyle Harper s’étend de l’apogée de l’Empire (milieu du IIè siècle sous Marc Aurèle) à l’effondrement des Byzantins devant l’Islam conquérant. Kyle Harper, se fondant sur les recherches pluridisciplinaires de ces dernières années, insiste sur deux facteurs qui n’expliquent peut-être pas tout, mais beaucoup de choses : le climat, et les maladies. Finalement, on s’étonne que cet Empire ait tenu aussi longtemps.

(Comme d’habitude, les commentaires personnels sont en italique ; le reste est prise de notes de ce dont je veux me souvenir.)

Kyle Harper est professeur à l’université d’Oklahoma. Le titre original The Fate of Rome contredit un peu le propos, qui est, justement, que l’Empire romain a remarquablement tenu pendant le demi-millénaire couvert par le livre, malgré une suite de catastrophes sanitaires et la dégradation du climat,. La chute de Rome n’a rien eu d’un phénomène régulier. Après les pertes effroyables de la Peste antonine sous Marc Aurèle, la démographie et le commerce se rétablirent. Après la Peste de Cyprien, l’Empire fut envahi et sombra dans le chaos pendant une génération (crise du IIIè siècle), mais les Empereurs-soldats danubiens reprirent les choses en main, et tout semblait aller pour le mieux quand déferlèrent les Huns. Une fois l’Empire d’Occident dépecé, celui d’Orient partit à la reconquête, mais son élan fut brisé par l’apparition de la Peste, dont il ne se releva pas, facilitant la conquête arabe. Le reste ne fut qu’une agonie s’étalant sur des siècles, avec quelques hauts et beaucoup de bas (voir tous les détails dans d’anciens billets sur l’Empire byzantin : formation, apogée justinienne & catastrophe, nouveau redressement & agonie).

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dimanche 1 septembre 2019

« La Sinsé gravite au 21 » de Roland C.Wagner

La Singé gravite au 21  (Roland C. Wagner) Autant l’excellente uchronie Rêves de Gloire semblait construite, complexe, fouillée et longue, autant le space-opera La Sinsé gravite au 21 se lit comme rapidement du petit lait, sans se fatiguer, relaxant très agréablement les neurones.

Un héros à la Han Solo, une intrigue à multiples rebondissements plus ou moins crédibles, mais ça n’est pas vraiment le sujet, des idées farfelues à chaque page, des machinations à tiroir, un cosmos tel que je l’aime, débordant de vies, de civilisations et d’extraterrestres originaux, des robots futés, indociles voire gaulois, des méchants un rien caricaturaux sinon c’est pas drôle, une ribambelle de références plus ou moins masquées aux autres auteurs du domaine : c’est le dessus du panier de la SF tonique mais qui délasse. Comme tout livre du domaine vieux de 30 ans, tout le côté informatique est déjà dépassé mais ça n’a aucune importance.

Bref : à lire.

vendredi 16 août 2019

«Red Inferno: 1945» de Robert Conroy

Red Inferno: 1945, de Robert Conroy Une uchronie qui aurait pu être excellente : et si, en mai 1945, Truman avait voulu marquer son territoire face à Staline, et que celui-ci avait surréagi ? L’Armée Rouge déferle alors sur l’ouest de l’Allemagne direction Anvers, et la Troisième Guerre Mondiale prend une toute autre tournure. Red Inferno: 1945 se lit sans déplaisir mais il aurait mérité bien des pages supplémentaires.

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dimanche 4 août 2019

„Unter Trümmern“ de Jürgen Heimbach

C’est un krimi, lu en VO, et à ma connaissance non traduit. Non germanophones, passez votre chemin[1]. Ou restez, vous ne lirez ceci nulle part ailleurs. „Unter Trümmern“ de Jürgen Heimbach

Les polars se ressemblent souvent, j’en lis peu. L’intérêt de celui-ci : le lieu et l’époque. L’Allemagne était sans doute un des pires endroits en 1946 : ruinée, détruite, occupée, affamée, parcourue de bandes de displaced persons, et sans nouvelles de millions de prisonniers. À Mayence, sous occupation française, les gens meurent littéralement de froid. La viande, l’alcool ou le vrai café sont rarissimes et précieux. Le trafic et les petites combines sont généralisés, question de survie.

Né à Mayence, vétéran de la guerre d’Espagne et de la Résistance (française, oui), le commissaire Koch arrive dans les rangs d’une police saignée par la guerre et la dénazification, et minée par la corruption due à la pénurie généralisée.

Premier cas : un gardien a été tuée par un raid sur un entrepôt. On suspecte un bourgeois local, quasi-chef de bande, au centre de trafics en tout genre, mais intouchable par ses nombreuses relations, y compris chez les officiers français.

Second cas : un jeune homme assassiné, sans doute pour quelque morceaux de viande. Lui aussi trafiquait-il ?

Ce ne seront pas les derniers cadavres. Koch devra faire le lien avec une femme du quartier, sans nouvelle d’un mari prisonnier en Sibérie, dont le fils, amputé, agonise, et pour qui elle trahira toutes les règles. Le point de vue de cette Trümmerfrau alterne tout le livre avec celui de Koch.

Koch devra aussi démêler tout ça avec un adjoint doué mais débutant, un collègue vieux briscard et un voisin alcoolique aux activités louches ; parfois sans voiture, toujours sans le soutien de son chef.

Les relations troubles, les nazis encore présents, les éternels problèmes d’approvisionnement, le pessimisme de ceux qui ne croient pas à une vie meilleure dans le futur s’égrènent tout le livre, parfois contrebalancés par quelques lueurs d’optimisme : un printemps qui arrive ou une université qui rouvre.

Page des romans de l’auteur : https://www.juergen-heimbach.de/romane/#cc-m-header-5681548211 (ô joie, il y a deux suites !)

Note

[1] Et là disparaît 90 % de mon misérable lectorat.

dimanche 3 février 2019

« La campagne du Rhin : Les Alliés entrent en Allemagne (janvier-mai 1945) » de Daniel Feldmann & Cédric Mas

(Encore une chronique de mes lectures, pour changer...)

feldmann-mas-campagne-du-rhin.jpg Il n’y avait apparemment pas de livre dédié aux opérations des Occidentaux début 1945. Le sujet intéresse moins que le rouleau compresseur russe à l’Est, la prise de Berlin, ou la décision d’Eisenhower de ne pas aller à Berlin. Ce livre, assez austère mais relativement facile à lire pour l’amateur éclairé, comble le vide. La vision est plus celle des états-majors, globale et technicienne, que celle anecdotique du soldat de terrain.

Il s’agira essentiellement ici des armées anglo-américaines, et de la canadienne.

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vendredi 14 septembre 2018

Francis Carsac

Il y a 13 ans, dans un autre recoin de ce coin de web, j’écrivais à propos de Ce monde est nôtre :

C’est un vieux classique par un vieux routard de la SF française des années 60, et la suite de Ceux de nulle part, que j’ai apprécié en tant qu’ado. Ici revient l’intrigue assez classique d’un explorateur d’une civilisation intergalactique plongé dans une guerre sur une planète médiévale. Pas trop mal mené, mais les thèmes et surtout le style ont mal encaissé les années.

Francis Carsac, Œuvres complètes, tome 1 Adolescent, j’aimais bien les trois Carsac que j’avais lu, notamment dans un recueil du Club du Livre d’Anticipation de mon père, entre les Robots d’Asimov et l’Empire de l’Atome de Van Vogt. L’été dernier, j’ai trouvé chez beau-papa l’intégrale parue il y a 20 ans chez Lefrancq et je lui ai empruntée.

Sur la forme : cette intégrale contient moultes coquilles, quelques bout de phrases déplacés, des sauts de paragraphe manquants et même une mention erronée de Terre en fuite sur le tome 1 (à la place de Ce monde est nôtre). Je sais certes que l’on peut relire mille fois un texte et qu’il restera toujours des coquilles, mais bon. De plus, les commentaires du fils de l’auteur, pas inintéressants dans le tome 1 pour éclairer un peu l’œuvre, manquent totalement du tome 2.

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mercredi 22 août 2018

« Quoi de neuf ? » (”The Shock of the Old”) de David Edgerton : du rôle des techniques dans l'histoire globale

Ce livre remet quelques pendules à l’heure sur la technologie, l’innovation, la globalisation. Certains diront qu’il enfonce quelques portes ouvertes, mais le discours futuriste de nombreux gourous sur l’innovation perpétuelle, le monde qui devient petit, les peuples qui se rapprocheront, la guerre qui va devenir impossible, etc. se répète en gros à chaque génération et a tendance à devenir dominant, alors qu’il est souvent faux.

David Edgerton voit donc plus une histoire de la technique sous l’angle de l’utilisation que de l’innovation, englobant aussi le quotidien et les populations des pays les plus pauvres.

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lundi 23 juillet 2018

“On killing” du Lt. Col. Dave Grossman

(Pour donner une idée de mon retard en lectures, ce livre m’attendait depuis la Coupe du Monde, celle de 1998. Je le sors de la cave et la France gagne à nouveau. Il y a de ces coïncidences... Comme d’habitude, l’italique est avis personnel, le reste du texte tentant le résumé objectif. )

« Why can’t Johnny kill ? »

On killing, de Dave GrossmanL’argument de base est étonnant mais simple : les humains sont presque tous presque toujours incapables de tuer leurs congénères, y compris en pleine guerre, y compris si leur vie est menacée. Il faut une accumulation de facteurs pour qu’ils tuent. Et ceux qui le font en paient généralement le prix plus tard au niveau psychiatrique.

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samedi 30 juin 2018

Le chemin de croix pour le lycée

Mon fils a enfin reçu son affectation pour son lycée de Seconde. Ce n’était pas son premier choix, mais je vais vous épargner la saga du mini-Parcours Sup pour futurs lycéens. (En gros, il a bien reçu le message : ce n’est pas la peine de se casser le crâne à avoir d’excellentes notes et un projet, l’affectation finale n’en tiendra pas compte. On fera avec le deuxième choix.)

Bref. Vendredi soir, après la dernière épreuve du Brevet, il reçoit le papier pour le lycée en question. Le dossier complet est à renvoyer pour vendredi 6 prochain dernier délai. Évidemment, je suis en déplacement professionnel cette semaine-là (le seul du trimestre), Murphy oblige. Heureusement on peut démarrer le dossier par Internet, c’est même obligatoire.

Samedi matin. Le serveur rame un peu, un peu normal. Et puis on arrive là : lycee_date_limite.png

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samedi 16 juin 2018

Loi de Clarke-Chachra

Il y a bien longtemps, ici puis , j’avais évoqué la Loi d’Hanlon, celle de Clarke et leurs dérivées comme la loi de Grey :

Toute science suffisamment avancée est indiscernable de la magie.

N’attribuez jamais à la malveillance ce qui peut s’expliquer par la stupidité.

Toute incompétence assez avancée est indiscernable de la malveillance.

Et j’ai croisé sur Touitteur récemment la version qu’on appelera celle de Clarke-Chachra :

Toute négligence suffisamment avancée est indiscernable de la malveillance.

Loi de Clarke-Chachra (de Touitteur : https://pbs.twimg.com/media/Dfo5GnOXUAEuT3N.jpg)

Il y a bien une différence entre incompétence (je n’ai jamais eu mon permis de conduire) et négligence parfois criminelle (j’ai mon permis mais je lis Fessebouc au volant).

Dans le cas d’un mien client, que je ne nommerai pas et qui ne fait jamais ses sauvegardes malgré moultes relances, je suis partisan de cette version :

Loi 3C (Clarke-Chachra-Courtois) :
Toute négligence suffisamment avancée est indiscernable du sabotage.
Any sufficiently advanced neglect is indistinguishable from sabotage.

(Le saboteur pouvant être le financier qui refuse le budget pour un NAS de base.)

vendredi 23 février 2018

« Traité de la ponctuation française », de Jacques Drillon

Les compte-rendus d’intervention et les éventuels fragments de manuels de formation que je rédige à titre professionnel ces temps-ci, et de sporadiques billets de blog, n’ont guère de valeur littéraire. L’orthographe, fautes de frpae exclues, à peu assurée, la typographie de base au moins considérée dans ses bases, restait l’emplacement du point-virgule, du double-point et de cette damnée virgule. D’où l’achat de ce livre.

Jacques Drillon : Traité de la ponctuation française (Gallimard) Si l’éclairage fut réel sur certains sujets comme la parenthèse, le crochet, les points de suspension, je doute d’être plus certain de mes virgules dans le futur. Les plus de cent pages et cent quarante cas d’utilisation mélangent parfois plus les idées qu’ils ne les éclaircissent.

Je pense au moins avoir saisi la différence entre propositions explicative, [virgule] qui ne peut être supprimée sans modifier le sens de la phrase, et déterminative, [virgule] qui ne peut en être retranchée. Application dans les billets [pas de virgule] qui viendront. Le cas des incises, dont, je sais, j’abuse, est à peu près clair.

Par contre, il est tout aussi clair que l’usage a varié moultes fois depuis le Moyen Âge, depuis le n’importe-quoi du XVIIe siècle à l’explosion (sens nihiliste) de la ponctuation au XXe en passant par la dictature des typographes du XIXe. Nombre de cas sont arbitraires, tordus, limite, parfois pure affaire de style. Un des mérites du livre : quelques exemples de choix de ponctuation qui altèrent le sens et le rythme (on sent l’admiration pour Céline et ses points d’exclamation et suspension ; je trouve cela pénible). Les plus grands auteurs sont cités, parfois fort lointains.

La perspective historique et les piques envoyées de-ci de-là allègent le pavé. On sent poindre un certain regret que la ponctuation soit assez négligée de nos jours malgré son importance dans une langue aussi subtile que la nôtre — il faudra que je compare avec l’allemand, tiens[1], mais c’est valable pour tout ce qui semble règles arbitraires et carcan de traditions — pas toutes inutiles ou infondées. Mais Drillon s’insurge régulièrement contre certaines lois imposées par les purs typographes.

Paradoxalement, la situation doit être meilleure qu’au moment de la parution (1991) : il suffit de se poser une question sur une orthographe, une ponctuation, une tournure, [virgule] et un moteur de recherche renvoie vers la page adéquate de l’Académie [pas de virgule] ou d’un maniaque de la langue.

L’index en fin de volume sera fort utile et je pense m’y référer assez souvent...

Note

[1] L’anglais que je lis est majoritairement rédigé par des non-natifs, c’est sans espoir.

samedi 17 février 2018

Éduc Nat’ + Windows : le combo gagnant

Le week-end dernier, j’ai perdu plus d’une heure à faire retomber en marche la mise en route du Windows de ma chère moitié, outil parti dans une boucle sans fin de téléchargement et de mises à jour de la version 1709 de Windows 10.

Windows on fire (merci Deep Dream Generator) Un peu de surf sur les forums Microsoft, téléchargement d’un outil de réparation des upgrades qu’on espère assez récent, détection de services pas démarrés (pourquoi ?)... La bête a fini par retomber en marche et par se mettre à jour, une dernière fois, mais la bonne. C’est courant avec du Windows.

Cette machine sert à mon épouse à lire son mail professionnel et à préparer ses cours. Nous l’avons achetée avec nos sous, y compris la taxe Microsoft (la compatibilité d’Office entre le Mac et les Windows du lycée était déjà assez aléatoire pour qu’elle ne veuille même pas tenter LibreOffice). Au mieux, on a pu faire passer la machine en frais professionnel aux impôts (je n’ai pas dit « note de frais » !).

Non, les régions qui offrent des tablettes et des ordinateurs portables à des gamins pour jouer pendant les cours n’en offrent pas aux profs : pas les mêmes budgets, pas le bon employeur sans doute. Quant à l’État (l’employeur), il y a peut-être pensé, mais la perspective d’offrir des centaines de milliers de portables a dû provoquer un veto immédiat d’un gestionnaire quelconque. Quand je vois déjà le cirque pour obtenir des marqueurs pour les tableaux...

Oh, il y a bien des machines dans les lycées. Sauf que les professeurs bossent en général chez eux. Ségolène Royal, il y a plus d’une décennie, avait proposé que les enseignants effectuent leurs 35 heures dans les établissements (j’en avais parlé à l’époque) : ça ne se fera jamais pour de simples raisons logistiques : où caser les centaines de milliers de bureaux et d’armoires ? ...et d’ordinateurs professionnels ?

Je n’en demande pas tant. J’aimerais juste que pour dépanner son Windows, elle fasse comme dans toutes les entreprises : appeler la hotline (et pas moi ou le collègue qui a royalement deux heures de décharge dans la semaine pour un lycée entier et se forme sur son temps personnel). Ah oui : de fait, cette hotline aura intérêt à être à pleine capacité le soir, et le week-end (horaires déduits des moments où l’ENT rame). Parce que moi, je n’ai jamais signé pour travailler le soir ou le week-end.

PS : Découverte de dernier moment qui me met en joie : après la mise à jour, le scanner n’est plus reconnu ­— un grand classique, comment ai-je pu oublier ? C’est un vieil Epson qui fonctionne très bien une fois qu’on a faire croire à Windows que c’est le modèle d’après ; je redécouvre comment faire à chaque fois. Linux a juste besoin qu’on le branche pour le reconnaître et l’utiliser.

dimanche 11 février 2018

Deep dream generator : ordinateurs sous acide & psychédélisme industrialisé

Inception

Ça avait commencé en 2015 comme un outil pour des informaticiens pour débuguer leurs réseaux de neurones, dont le fonctionnement reste un peu magique. Or les réseaux de neurones font essentiellement de la reconnaissance de formes, imitant l’outil le plus doué pour cela : notre cerveau. Ce cerveau qui, dans les nuages, cherche désespérément des formes et finit par deviner des lapins ou des yeux. Très facilement des yeux d’ailleurs, des fois que ce serait un prédateur en embuscade...

L’outil au point, on peut « pousser les curseurs », dépasser le stade du lapin dans les nuages et voir n’importe quoi n’importe où, c’est le Deep Dream, et une fois de plus c’est un cadeau de Google à l’humanité. (Au-delà du côté ludique, il doit y avoir un intérêt pratique : après tout, il vaut mieux savoir quand une voiture autonome hallucine, pour éviter qu’elle pile à cause d’une silhouette de sorcière dans un nuage un peu bas sur l’horizon.)

Ce qui était une curiosité de labo est devenu un site (https://deepdreamgenerator.com) et chacun peut à présent faire halluciner un ordinateur sur l’image de son choix. Je ne vais pas refaire l’article du Monde sur le sujet, qui comprend même une version vidéo de l’outil (je comprends à présent ce qu’est une hallucination). On trouvera aussi beaucoup d’applications plus ou moins glauques sur Touitteur. Ou ici, à titre d’exercice :

Inception (photo de la mission Galileo, par Wikimedia) & Inception 4

Deep Style

Mais on se lasse vite de ces horreurs lovecraftiennes et la reconnaissance de forme permet de faire plus utile : un autre algorithme repère un « style » de peinture (au sens très large) et l’applique à une image, c’est le Deep style. En pratique ça revient à réinterpréter une image dans le style d’une autre. Et puisque le site permet de charger ses images, on peut s’amuser à croiser n’importe quelle photo avec n’importe quoi trouvé sur Wikimédia. Par exemple si on réinterpète une célèbre image de Saturne par Cassini au travers d’un bout de circuit électronique, on obtient :

Saturne par Cassini + deep style électronique

La Joconde aussi peut être détournée ainsi :

Joconde + deep style électronique

Par contre il faut un certain contraste de style entre les deux images pour un résultat intéressant. Réinterpréter Fragonard à la lumière de De Vinci n’a pas un intérêt terrible. Mettre une fractale sur un peu tout peut donner des choses parfois rigolotes.

Thin Style

Le Thin Style est une variante plus limitée mais bien plus rapide à base d’un choix restreint d’images, ça peut donner quelques choses sympathiques sans être originales. Des applications pour téléphone permettent déjà cela (si cela se trouve, la base technique est la même) :

Fragonard, Le Verrou (par Wikimédia), réinterpration par un Thin Style

Joconde + sthin style chaud

Il y aura forcément beaucoup de déchets dans tous ces essais, beaucoup d’excès et d’essais avant de trouver quelques perles (pensez aux filtres automatiques pour les photos, en pire ). Une sorte de best of est maintenu ici : https://deepdreamgenerator.com/best.

Les essais de n’importe quel quidam découvrant le sujet comme moi et qui aura tenté n’importe quoi le sont aussi : https://deepdreamgenerator.com/latest. Dans le lot il y a quelques perles. Pour les nuls en manipulation numérique comme votre serviteur, Deep Dream Generator est un bon moyen de trafiquer facilement quelques photos. Ne vous étonnez pas si quelques futures illustrations de ce blog virent dans l’expérimental ou le psychédélique.

Hélas, la puissance de calcul n’est pas infinie : il faut un peu de patience pour qu’un datacenter quelque part calcule les images. Et il faudra publier et faire liker pas mal de vos essais format vignette pour avoir le droit de générer une image en grande résolution. Alternative : directement chercher le code pour le faire tourner chez soi, mais je n’ai encore pas tenté, et ça ne semble concerner que la première des manipulations évoquées ci-dessus.

Tour Eiffel + deep style galaxie (images Wikimédia))

mardi 30 janvier 2018

« Le Français qui possédait l’Amérique : la vie extraordinaire d’Antoine Crozat, milliardaire sous Louis XIV » de Pierre Ménard

Toulousain, Antoine Crozat avait un père d’origine modeste, mais qui s’était déjà énormément enrichi sous Louis XIV. Bénéficiant de ses réseaux puis développant les siens, il atteignit un niveau de fortune monstrueux, prêtant même au Roi, allant jusqu’à se voir octroyée toute la gestion de la Louisiane française. Ce ne fut pas sa meilleure affaire.

Antoine Crozat, par Wikimédi) Sa richesse ne provenait pas que du commerce transcontinental, en plein boom, et d’innombrables trafics, y compris d’esclaves. Ajoutons la spéculation sur les monnaies, en des temps où l’État jouait en permamence avec leur valeur, et les premiers billets à ordre et de banque, aux valeurs aléatoires. Ou le copinage avec les plus grandes familles nobles, auxquelles ce snob rêva toute sa vie de s’allier (il y parvint) ; la mise en coupe réglée de pans entiers du commerce, avec des monopoles légaux ; l’achat et la revente des charges publiques, à titre personnel ou comme intermédiaire de l’État ; et le financement des corsaires ; ou encore la contrebande de grand style : les réseaux financiers se jouaient déjà des frontières.

Mais, surtout, le système fiscal de l’Ancien Régime était un tel bazar qu’une bonne partie était quasiment sous-traitée à de riches personnes avançant l’argent à l’État, parfois à l’avance et se débrouillant pour récupérer cet argent. Rémunérateur, le poste était comme tant d’autres une « charge » vendue par l’État, que l’on pouvait revendre ensuite. Il n’était d’ailleurs pas sans risque financier, et valait aussi en retour la haine du peuple ­— en plus du mépris que récolte tout parvenu dans une société si hiérarchisée.

Le Régent remit un peu d’ordre dans ces choses (malgré l’échec de la banque de Law). Crozat comme nombre de confrères, fut poursuivi, mais, de fait indispensable, il s’en tira mieux que d’autres, avec une monstrueuse amende.

Crozat est mort vieux, dans son lit, ayant marié ses enfants aux plus anciennes familles. Il fait partie de ces gens éloignés de toute politique ou idéologie mais égoïstes qui ont modifié l’histoire, pas forcément pour le mieux, et que l’on a très vite oubliés (pourtant il a fait construire les futurs Ritz et Palais de l’Élysée !).

vendredi 19 janvier 2018

John Wyndham : triffides, krakens, lichen, chrysalides, coucous et graines du temps

Je viens de relire des classiques de John Wyndham, ce maître de la science-fiction britanniques des années 50. Ça n’a pas forcément vieilli.

Un point rare dans les livres de cette époque  : les personnages féminins de Wyndham sont très loin des potiches, princesses à sauver ou méchantes sorcières. Elles sont aussi motrices de l’action que les mâles, sinon plus assurées qu’eux. C’est un signe de l’évolution sociale depuis les années 50, à la mentalité étonnamment éloignée de la nôtre (cf The Trouble With Lichen, notamment).

Ce n’est pas le seul point lié à la société : la difficulté d’une réponse collective à un danger extérieur, nos effets de troupeau, les foules stupides (y compris en haut de la société) reviennent systématiquement. Les réactions de l’URSS (à l’époque stalinienne) aux différentes menaces rencontrées relèvent du comique.

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samedi 11 novembre 2017

« Uchronie : l'Histoire telle qu'elle n'a pas été, telle qu'elle aurait pu être » (François Pernot & Éric Vial)

Ce livre rassemble des contributions d’une journée d’étude de 2013 incluant quelques pontes français du domaine (par exemple Éric Henriet). Au-delà de quelques rétrospectives sur l’évolution du thème dans le grand public et chez les historiens, on trouvera quelques bijoux, parfois très anciens.

En vrac : Uchronie : L’Histoire telle qu elle n’a pas été, telle qu’elle aurait pu être (François Pernot et Éric Vial)

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jeudi 18 mai 2017

Bouvines, Ramsès III contre les Peuples de la Mer, Murat et éléphants de guerre : « Guerres & Histoire » n°35 de février 2017

Guerre et Histoire n°35.jpg

Petit résumé encore plus en retard que d’habitude à cause de ces fichues épaules. Commentaires personnels en italique comme d’habitude.

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mercredi 8 février 2017

Blog en pause pour cause de tendinite...

No comment...

dimanche 22 janvier 2017

« Ravage » de Barjavel

Dans la SF française, qui ne s’appelait pas encore comme cela en 1942, c’est un classique et la première œuvre d’un de nos plus grands auteurs. Mais noyés dans les odeurs de cendres surnagent quelques relents un peu nauséabonds. C’est une des difficultés des anciens livres : discerner ce qui vient de l’air de son temps, ce qui est deuxième degré, et ce qui est vrai choix de l’auteur.

Ravage - Barjavel, ed. Folio, illustration Constantin) Dans le Paris de 2052, tel qu’imaginé juste avant-guerre, l’électricité disparaît inexplicablement. Pendant que la civilisation s’écroule puis que le monde flambe, le jeune François sauve sa jeune, innocente, belle et naïve Blanche, puis monte une expédition pour rejoindre la région rurale isolée où ils ont grandi.

Comme dans toute anticipation dont la date est dépassée ou proche, certaines pages font sourire. La nourriture ne provient que de la synthèse chimique, personne ne sait plus à quoi ressemble un poulet, mais les ouvriers meurent toujours à 50 ans à cause de la dureté de l’usine. Le « plastec » omniprésent n’est pas si loin de la réalité actuelle, et les trains à haute vitesse sillonnent l’Eurasie, mais les avions ne semblent pas voler plus loin qu’en 1939. Le téléphone est en 3D mais il faut toujours se déplacer dans la pièce où il sonne. Les mœurs nous sembleront surannées : Blanche suit une école pour futures « mères d’élite » et elle obéit sans mot dire à son homme. Il est facile de se moquer après coup, je pense que mes éventuelles prédictions pour 2117 feraient rire mes descendants (voire moi-même ?).

La partie la plus intéressante reste la description de la société qui s’effondre, du chaos et des méthodes de survie. On a sans doute fait mieux dans le domaine depuis 1942, mais le passage des individus policés aux bandes barbares reste convaincant : un sage a bien dit que la différence entre la civilisation et la barbarie n’était que de quelques repas, et je le crois volontiers.

Par certains côtés Ravage m’a rappelé Malevil de Robert Merle : destruction totale, barbarie des survivants, héros reconstituant une bande.

Tout cela a d’ailleurs un avant-goût assez inquiétant : combien de temps durerait notre civilisation si l’électricité, pour une raison ou une autre, disparaissait pour longtemps à une échelle continentale ? Sommes-nous certains d’être à l’abri du danger ? Saurions-nous rester assez disciplinés et éviter le chaos ? Barjavel a peut-être été inspiré en partie par l’Exode, tout proche.

Le personnage de François fait froid dans le dos par son adaptation froide à la barbarie de la situation. C’est l’« homme providentiel » par excellence, le guide-né sans lequel les autres ne sont que moutons stupides, et contesté par personne. C’est par lui que l’on retrouve peut-être le pétainisme à la mode en 1942. Barjavel a certes travaillé pour Denoël qui était collaborationniste et publié chez lui, mais il y travaillait avant guerre ; et si Ravage cadrait dans la philosophie de Vichy, le reste de l’œuvre de Barjavel n’a rien à voir. On peut ne voir dans Ravage que méfiance envers un progrès incontrôlé et regret de la France rurale, comme encore parfois aujourd’hui ; ce qui ne veut pas dire que l’on souhaite la destruction de la société moderne. Doit-on voir dans le chapitre final une apologie du bonheur par l’obscurantisme, ou un avertissement ? C’est sur cette grosse ambiguïté que se finit le livre. Même si le futur de cette société, entrevu dans le Voyageur imprudent paru peu après, ne fait pas rêver.

samedi 31 décembre 2016

Bombe atomique nazie, pentaquarks, guêpe parasite... dans Pour la science n°471 de janvier 2017

Pour la Science n°471 de janvier 2017Innovation de ma part : commencer le compte-rendu du meilleur d’un numéro de Pour la Science l’année précédant sa parution !

Faisons vite. Commentaires personnels en italiques comme d’habitude.

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samedi 26 novembre 2016

Deux choses qui me passent très au-dessus de la tête

keep-calm-and-solve-navier-stokes-equation-8.jpgJ’adore la vulgarisation qui fait presque comprendre des choses qui nous volent très très très au-dessus. Quelque part des gens y consacrent leur vie et comprennent, eux, quand j’ai juste saisi des bribes de connaissances, des éclairs d’au-dehors de ma caverne platonicienne, que je serais bien incapable de retransmettre.

Pour la génération avant la mienne, ce seuil était atteint par la description du moteur nucléaire d’Objectif Lune. Comme j’en ai été gavé avant même de savoir lire, c’est acquis. Par contre pour les deux exemples ci-dessous je m’émerveille mais intellectuellement je déclare forfait :

  • La gravité quantique à boucle expliquée en vidéo par David Louapre.
    C’est une concurrente de la théorie des cordes pour concilier la gravitation et les autres forces, le Graal des astrophysiciens. Nos outils ne permettent pas encore de trancher entre les deux mais c’est envisageable. Il faut lire aussi le long commentaire écrit à la vidéo.
    Ne pas s’effrayer des quelques équations dans la vidéo : de toute manière elles sont tellement ésotériques que ça aurait pu être des glyphes mayas.
  • C’est le futur, une traduction d’une parodie américaine cruelle sur la vogue des web services et virtualisations en tout genre à base de technos qui évoluent plus vite qu’on ne peut les absorber en empilant les couches d’abstraction, et passent de mode dès que le développeur moyen commence à en entendre parler. (Si quelqu’un passe ici, qui est du domaine j’aimerais son avis...)
    Je suis fort heureux de sévir dans la partie de l’informatique qui ne peut se permettre de céder au hype et aux effets de mode parce que les données, elles, devront encore être là dans dix ans.

vendredi 18 novembre 2016

Les mythes de la Seconde Guerre Mondiale

Les Mythes de la Seconde Guerre Mondiale Cet excellent et passionnant ouvrage collectif d’articles de pointures universitaires reste très accessible au lecteur un tant soit peu cultivé (celui qui sait distinguer Roosevelt et Churchill, Koufra et El-Alamein, et les deux Débarquements en France en 1944). Chaque thème se développe sur la bonne longueur, même si certains se sentiront frustrés de ne pas avoir tous les détails et croquis sur les Wunderwaffen ou la biographie complète de Montgomery, et d’autres auront l’impression de lire des travaux universitaires.

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dimanche 6 novembre 2016

Tout n’est pas noir dans ce monde : les leçons de Gapminder

Parmi les sites qui ne seront jamais assez connus, Thias m’a rappelé récemment l’existence de Gapminder, une merveille alliant histoire, technologie (à la portée des années 90), dataviz, doses massives de statistiques, bon sens et optimisme. Résumer en un graphique les fantastiques progrès de l’humanité sur les deux derniers siècles, chapeau !

2015

Gapminder 2015.pngEn ordonnée, l’espérance de vie de chaque pays. En abscisse, le PIB par habitant. Les riches avec une grande espérance de vie sont donc en haut à droite, les pauvres mourant jeunes en bas à gauche.

La taille de la bulle indique la population : la Chine est donc bien visible. L’autre bulle rouge est évidemment l’autre superpuissance en devenir dont on parle trop peu, l’Inde, juste derrière la Chine.

La couleur indique le continent. Les Européens (en jaune) sont concentrés dans le quadrant supérieur droit. L’Afrique, en bleu, s’étale entre l’extrême pauvreté (Centrafrique ou Congo Démocratique, à gauche, et un niveau de vie dépassant celui de certains États est-européens (Maghreb).

On a déjà une comparaison très visuelle des rapports entre pays. On peut ergoter sur la pertinence des indicateurs (notamment le PIB), il y en a une palanquée d’autres disponibles.

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samedi 17 septembre 2016

« La Forteresse perdue » (de Nathalie Henneberg)

Ma période Nathalie Henneberg n’est pas terminée, il me reste quelques livres issus des étagères remplies par mon père dans les années soixante.

La forteresse perdue, Nathalie Henneberg, Le Rayon fantastique, 1962La Terre de 2300, en pleines convulsions, envoie sa Légion Spatiale de « volontaires pour mourir ». Un navire échoue sur une planète maudite et stérile où de sombres forces maléfiques immatérielles manipule la faune et la population locales, pousse des humains à la trahison, pour se saisir de ces astronautes perdus — avec la Terre en ligne de mire.

La Forteresse perdue ne restera pas pour moi son meilleur ouvrage. Trop de thèmes déjà lus dans la Rosée du soleil ou le Mur de la lumière reviennent. Le couple des Amants-Parfaits-qui-se-sont-toujours-connus perturbé par un génie-tourmenté-presque tout-puissant, évidemment amoureux de la belle-pas-indifférente-car-ils-se-sont-connus-dans-un-autre-temps-mais-qui-le-repousse a déjà été utilisé dans le Mur de la lumière. La force occulte et la trahison dudit savant annoncent le prince Valeran de la Plaie. Autre rengaine : les mutants, positifs ou négatifs, qui modifient l’univers autour d’eux sans le vouloir ni même le savoir. Au moins n’a-t-on pas cette fois de mère folle prête à vendre sa fille, l’héroïne est orpheline.

Le style d’Henneberg reste matière de goût, un rien confus et flamboyant, instable mélange de lyrisme slave et de rationalité française. Et on ne goûte pas forcément l’utilisation systématique de ces personnages-archétypes.

Un intérêt quand même : le parallèle avec la vie de l’autrice et certains faits oubliés de l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale. Impossible de ne pas retrouver Nathalie Henneberg et son mari, sous-officier de la Légion Étrangère d’origine allemande, basé en Syrie avant-guerre, dans le couple d’Alix & Arnold de Held (Held = héros en allemand). Les résurgences entre époques abondent chez Nathalie Henneberg.

Le couple était également aux premières loges pendant la campagne de Syrie de juin 1941, quand Britanniques et Français libres envahirent le territoire tenu par Vichy pour couper les voies de communication de l’Axe : des Français, dont des légionnaires, étaient dans les deux camps, et il y eut des morts. Dans quels camps de 1941 se transposent les légionnaires et les androïdes du livre ? La transposition est vaine mais la Légion de 2300 se bat inutilement pour l’honneur plus que pour d’autre cause, comme celle de 1941 par bien des côtés.

Bref, la Forteresse perdue est un ouvrage peut-être un peu superflu pour qui n’est pas un inconditionnel d’Henneberg, mais il m’a donné envie de lire les autres autour de cette histoire syrienne vécue réellement de près (notamment Hécate).

vendredi 16 septembre 2016

Petits plaisirs de la vie

  • Enlever les rubans de masquage après avoir passé plusieurs jours à repeindre une pièce.
  • Un bébé qui se lève à neuf heures du matin le week-end, et enchaîne deux heures de sieste l’après-midi.
  • Rouler fenêtres ouvertes en plein été sur une route des Vosges dégagée qui tourne gentiment.
  • Un ordinateur ou une base de données en croix qui redémarre enfin.
  • Vider sa vessie après des heures sans possibilité de se soulager.
  • Entamer le dernier tome d’une trilogie presque d’une traite, au calme.
  • Un bébé hilare et frétillant accueillant son papa le soir.
  • Retrouver des potes pas vus depuis deux ans autour d’une bonne table.
  • Bouquiner une heure peinard sur la terrasse en fin d’après-midi.
  • Deux mois en vacances en été entre deux boulots, à faire le tour de France, voir anciens condisciples et famille et à réduire infinitésimalement le stock de livres et revues en retard.
  • Annoncer sa démission à son chef après des années de recherche d’un meilleur boulot.
  • Paramétrer pour la première fois un bout d’électronique.
  • Découvrir le premier épisode d’une série dont tout le monde parle depuis des années.
  • Battre son (modeste) record de longueurs à la piscine, sans trop d’effort.
  • Réussir sa première réplication sous PostgreSQL, du premier coup.
  • Publier un billet de blog qui traînait depuis des années dans les brouillons.
  • Faire découvrir à ses enfants le premier Star Wars, la Grande Vadrouille ou Il était une fois l’Homme.
  • Ranger une pile de livres dans une nouvelle bibliothèque enfin assez grande (du moins pour le moment).

mardi 13 septembre 2016

« Guerres & Histoire » n° 32 d’août 2016 : l’armée invincible d’Alexandre le Grand

Guerres & Histoire n°32 (août 2016) C’est le dossier principal de ce numéro. J’ai traité les autres thèmes dans le billet précédent. Commentaires perso en italique.

D’un pays quasiment barbare, il a fait la première puissance mondiale de son époque : d’où vient le succès d’Alexandre le Grand ? Notes :

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dimanche 11 septembre 2016

« Guerres & Histoire » n° 32 d’août 2016 : Verdun, un borgne chez les aveugles

Guerres & Histoire n°32 (août 2016) Petit résumé rapide de ce dont je veux me rappeler du dernier G&H, à part la partie sur l’armée d’Alexandre reportée au prochain billet.

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dimanche 4 septembre 2016

« Skeptic » de Juin 2016 (vol 21, n°2) : la prochaine apocalypse

Dernière partie du résumé du dernier numéro de Skeptic (après articles divers, la numérisation du cerveau et l’épilepsie de Saint-Paul), avec un article effrayant de Phil Torres : le terrorisme apocalyptique va prendre de l’ampleur durant le XXIè siècle. (Manifestement Phil Torres est un athée militant. Je viens de voir que l’article dans Skeptic résume son livre.)

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