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mercredi 26 mai 2010

Telepolis special Kosmologie

Telepolis serait un magazine que j’achèterais et lirais si j’avais le temps. Mais j’ai tout de même craqué pour le « special Kosmologie ».

Sur la couverture, la question fondamentale : « Où sont-ils ? »

Suivent une série d’articles sur le destin à long terme de l’humanité dans l’univers, la possibilité d’une vie extraterrestre, le programme SETI (radio ou optique), etc :

- Les mystères encore mystérieux de l’univers et les frontières actuelles de la science : sursauts gamma, déctecteur géant de neutrinos au pôle sud, détecteurs d’ondes gravitationnelles à la précision diabolique, fin possible de l’univers…

- Le multivers peut exister de plusieurs manières : tout simplement d’abord sous forme de volumes de Hubble dans un univers infini, et à 10^10^118 mètres de nous existe un monde quasi identique au nôtre, qui restera à jamais inconnu à cause des distances et de l’expansion universelle ; ensuite sous forme d’une interminable série d’univers répartis le long d’autres dimensions ; enfin sous forme de duplication d’univers nés à chaque fois qu’une fonction d’onde est observée. Que nous soyons dans un univers miraculeusement adapté à la vie (toutes proportions gardées) s’explique par le principe anthropique au sein de cette infinité d’univers possibles.

- L’énergie négative (pas l’antimatière, qui est positive, mais la vraie négative) n’est déjà pas un objet que l’on manie tous les jours hors de l’effet Casimir. En théorie, cela pourrait servir à voyager plus vite que la lumière, ou traverser des trous noirs. En théorie aussi ça n’avancera en pratique à rien (fichu principe d’incertitude !).

- Stephen Hawking himself évoque la possibilité d’une vie intelligente dans l’univers, et ajoute des réflexions pas très nouvelles sur la fragilité de la vie sur Terre avec ces humains et leur bombe atomique, le passage à un type d’évolution qui ne soit plus darwiniste, ou des solutions possibles connues au paradoxe de Fermi. La remarque que je retiens : la vie datant quasiment du refroidissement de la Terre, on peut considérer que son apparition est facile et commune ; par contre il a fallu attendre trois milliards d’années pour voir apparaître la vie multicellulaire, c’est peut-être donc cette étape qui est hautement improbable.

- Et ce paradoxe de Fermi (je rappelle que j’ai déjà radoté là-dessus ici) revient comme une rengaine. Deux articles surtout énumèrent des hypothèses souvent déjà connues par qui s’intéresse au sujet : impossibilité du vol interstellaire, causes sociales, autodestruction systématique… Pour Ian Crawford encore, les dinosaures montrent que la vie pourrait prospérer sans mener inéluctablement à l’intelligence.
D’autres hypothèses : les artefacts nous crèvent les yeux mais nous les interprétons comme des phénomènes naturels (pulsars ?), nous ne savons pas reconnaître les extra-terrestres car ils diffèrent trop de nous (exemple de la fourmi sur une autoroute incapable de découvrir la civilisation humaine) ; ils nous observent depuis toujours (scénario « du monolithe ») et nous découvrirons un jour leurs traces dans notre système solaire (un article discute de ce que ce pourrait être) ; nous vivons dans une zone de la Galaxie ou de l’univers exceptionnellement riche en éléments lourds ; toute civilisation est vite victime d’un univers finalement très dangereux (au moins jusque récemment) : supernovas, rayons gamma…

- L’équation de Drake, formulée en 1961 dans un minuscule congrès, n’a pas réclamé grand effort à son auteur, qui s'étonne de son succès. Les premiers facteurs (nombre d’étoiles et planètes) sont mieux estimés à présent ; les autres restent des devinettes. Il y manquerait cependant un facteur Pb (Politicians & bigotry) : un seul membre du Congrès américain peut couper les ailes au SETI.

- L'équation de Drake comme le paradoxe de Fermi se ramènent donc vite à l’interrogation sur la durée de vie des civilisations. Un article de 1981 du regretté bon docteur Asimov rappelle que nous sommes intelligents et capables de prévoir, avec des inconvénients majeurs : la possibilité d’une vengeance, le besoin d’accumuler les richesses et donc l’épée de Damoclès de l’autodestruction.

- Faut-il tenter de communiquer ? Le contact lui-même recèle un danger : les extra-terrestres, s’ils nous captent, voire viennent ici, auront une énorme avance sur nous, et nous savons par l’histoire de l’humanité qu’en cas de différentiel, c’est le moins technologiquement développé qui soufre le plus, même sans agressivité volontaire. Certains ont peur d’extraterrestres ouvertement impérialistes ou esclavagistes. D’un autre côté, si toutes les civilisations écoutent et aucune n’émet, l’espace semblera effectivement mort. Nous émettons de toute façon depuis 60 ans intensivement pour nos propres besoins en télécommunications, la question est vaine.

- Exothéologie : quel serait l’impact de l’arrivée d’extraterrestres sur les religions terrestres ? L’Église catholique s’est déjà posé la question. (À mon avis, ce sera sur les autres religions, ou plutôt leurs versions radicales, que l’effet risque d’être le plus violent. À voir aussi la réaction des ETs à une tentative de conversion, et s’ils n’ont pas déjà une religion à nous offrir. Drake rêve de communiquer grâce aux mathématiques, s’embrochera-t-on dans une guerre de religion galactique ?)

- En cas de détection, quelle est la procédure, quel serait le langage utilisé ? Petit rappel.

- Pour optimiser les chances de détection, une proposition consiste à chercher les « phares » de l’univers : par exemple une supernova va être observée par beaucoup de monde, donc on peut émettre dans la direction opposée pour optimiser ses chances. (Je suis à moitié convaincu : cela suppose qu’on ne sait pas du tout où émettre, alors autant le faire dans cette direction-là.)

- Pas mal de pages, dont un entretien avec Frank Drake, décrivent le projet de détection SETI, ses réalisations, ses échecs, ses difficultés pour obtenir des fonds, l’obstruction d’une poignée de personnes au Congrès américain. Le SETI va enfin avoir son propre réseau de radiotélescopes dédiés (payé par Paul Allen), mais le manque de moyens reste criant.
À côté du SETI classique sur les ondes radio, il existe d’autres projets plus ou moins actifs, notamment le SETI optique qui analyse le spectre des exoplanètes, ou celui qui cherche des sphères de Dyson qui n’émettent que dans l’infrarouge (un article entier).
Les possibilités ne dépendent que de budgets toujours trop réduits. Les détecteurs existants d’ondes gravitationnelles ou de neutrinos (IceCube me fascine) pourraient être mis à contribution. On pourrait imaginer encore plus spéculatif (que sont vraiment les sursauts gamma ?).
SETI n’a rien détecté de manière fiable, il y a cependant eu dans l’histoire deux signaux : le fameux « signal WOW » radio en 1977 et un autre en 1998 en optique, tous deux jamais reproduits ni retrouvés ni expliqués.

- Le dernier article s‘étend sur l’écart entre nous et Eux… dont la civilisation remonterait à des millions d’années. Malgré cela, l’auteur estime que les communications sont hors de prix : émettre à 1000 années-lumières (à la fois beaucoup et pas grand-chose à l’échelle de la Galaxie) nous coûterait l’équivalent de notre production actuelle mondiale d’énergie (environ 10 TW), pour un dialogue qui s’étalerait sur des milliers d’années. Impossible dans ces conditions de fixer des rendez-vous quand on n’est même pas sûr que la civilisation à laquelle on s’adresse soit encore là des millénaires plus tard.
Ajoutons quelques hypothèses classiques du paradoxe de Fermi, et on peut conclure que s’il y a un « club galactique » de civilisations évoluées, elles s’ignorent sans doute la plupart du temps et nous laissent tranquilles dans notre zoo.
(Personnellement, je trouve que cet article se base trop sur la technologie et la psychologie humaines, et élude les hypothèses des machines de von Neumann autoreproductrices, des monolithes... comme celles où, la technologie permettant une quasi-immortalité, l’expansion à l’échelle des siècles devient réaliste.)

Deux ou trois interviews ou débats d’Allemands connus chez eux suscitent nettement moins l’intérêt, trop éloignés du sujet ou trop proches du café du commerce. L’iconographie a le défaut de décorer plus que d’illustrer pertinemment le sujet de l’article. Quatre nouvelles de SF un peu trop didactiques tentent d’éclairer les fins possibles de l’univers ou de la civilisation.

Je n’ai pas encore eu le temps de regarder le DVD fourni (il y a des sous-titres français).

Bref, à acheter si vous lisez l’allemand.

lundi 1 juin 2009

« Pour la Science » de juin 2009

Petit résumé rapide de ce que j’ai aimé dans ce dernier numéro de Pour la Science :

Le bloc-notes de Didier Nordon

Je le répète, je resterai abonné rien que pour cette rubrique. Il démontre notamment qu’une annonce de fin du monde ne doit pas être prise à la légère, le messager ne pouvant être motivé par la satisfaction du « je vous l’avais bien dit ». Ou que le jugement de la qualité des travaux universitaires est intrinsèquement indécidable.

Les singularités nues

Une singularité nue n’existe pas forcément, c’est un débat qui dure chez les physiciens de haute volée. Ces bestioles sont comme des trous noirs, mais sans « horizon» d’où la matière ne peut s’échapper. Pourquoi cela intéresse-t-il un physicien ? D’abord l’espèce est curieuse ; ensuite on toucherait là un « point de contact » entre théorie de la gravitation et mécanique quantique (un trou noir, ou plutôt la partie comprise dans son horizon, est trop gros pour que les effets quantiques interviennent), et en conséquence une découverte permettrait de trancher entre diverses théories de gravitation quantique, le Saint Graal des physiciens théoriques actuels[1].

Le subliminal

On a dit beaucoup de bêtises à propos du subliminal : il reste à démonter qu’il puisse déclencher réellement un acte d’achat par exemple, et on ne vous obligera pas non plus avec cette technique à aller contre votre volonté.

Les effets sont plus subtils : l’étude présentée ici consiste à montrer des images (dont des subliminales abstraites) à des gens et à les faire miser sur un résultat de pari arbitraire dont le résultat est lié à l’image affichée précédemment. Les cobayes humains font inconsciemment le lien entre ce qu’ils ont vu et leur chance de gagner. Leur décision consciente de parier est liée à un indice inconscient. Bref, un angle fascinant sur la manière dont se construit l’intuition... et sur la masse de présupposés plus ou moins farfelus que notre cerveau peut utiliser dans les couches inférieures de son réseau de neurones.

La couleur des plantes extraterrestres

C’est tout con mais nos plantes ne sont vertes que parce que les longueurs d’onde qu’elles absorbent sont les plus efficaces compte tenu du soleil et de la composition de l’atmosphère. En conséquence, sur une autre Terre autour d’une naine rouge, les plantes pourraient être noires pour absorber le maximum de rayonnements dans toutes les longueurs d’ondes. Autour d’étoiles plus agitées, la vie serait bleutée pour ne pas absorber trop d’énergie, voire ne pourrait sortir de l’environnement marin protecteur. Et sur la Terre primitive, les algues n’étaient pas vertes, la chrolophylle n’étant intéressante que dans l’atmophère pleine d’oxygène apparue un milliard d’année plus tard.

L’intérêt de ces spéculations : la recherche de signatures biologiques sur les exoplanètes doit tenir compte de ce à quoi la vie peut ressembler en fonction de l’étoile proche.

Reconstituer des animaux disparus

Il y a quatre pages d’entretien avec Sébastien Steyer, le paléontologue-artiste qui a dessiné les belles illustrations de la Terre avant les dinosaures dont j’avais parlé ici.

Divers

Parmi les infos plus ou moins développées :

L’épidémie de tubercolose ultrarésistante s’étend. Même si pour la plupart des gens il n’y a pas de symptômes, pour les autres les antibiotiques connus sont inefficaces. Évidemment ce sont les plus pauvres qui en meurent.

En varape, pourquoi les cordes de rappel et celles pour s’assurer doivent-elles être différentes ? Pour s’assurer, il faut une corde qui s’allonge un peu pour rester en-dessous des 10 g dangereux pour l’organisme. Mais en descente en rappel il la faut inélastique.

Certains poissons voient dans l’ultraviolet, et le monde paraît bien différent avec une couleur en plus.

Un escargot n’existe que dans les Appenins... et les arènes de Nîmes.

Les robes du cheval sont des créations purement humaines (sélection artificielle) ; je suppose qu’il en est de même pour les chiens (des loups à l’origine).

Calcul de bilan : la biomasse est plus intéressante comme carburant de centrale électrique que comme agrocarburant de voiture.

Suite à la polémique du dernier tremblement de terre italien : il est actuellement impossible de prédire les séismes avec une certitude suffisante sur une plage de temps assez réduite pour que ce soit en pratique utilisable. Le non-respect des normes antisismiques devrait faire plus débat.

Je réutiliserai l’article d’Ekeland sur la comparaison des chiffres astronomiques et économiques.

Notes

[1] Avec peut-être à la clé des révolutions techniques du même ordre que celle de la mécanique quantique ce siècle-ci.

dimanche 12 avril 2009

 « La Terre avant les dinosaures » de Sébastien Steyer et Alain Bénéteau (ou : de l’ascension des tétrapodes du Dévonien au Secondaire, des sarcoptérygiens aux sauropsides et mammaliens)

Commençons par le principal reproche à faire à ce livre par ailleurs très intéressant : le titre est une escroquerie. Celui qui, alléché par le docu-fiction de la BBC qui m’avait enthousiasmé cherche à retrouver les araignées géantes et les évolutions climatiques en sera en parti pour ses frais. Il est clair d’entrée que l’auteur ne s'intéresse guère qu’à nos ancêtres, les tétrapodes.

Nous sommes des tétrapodes, au même titre que les crapauds, les tortues, les poulets, les diplodocus, et les héritiers de quelques animaux à l’air ichtyen[1] et d’une invention géniale : les papattes !

Exaptation

Contrairement aux idées reçues, et à ce que je lisais dans les livres de ma jeunesse, les pattes ne sont pas apparues comme conséquence d’une sortie des eaux d’un poisson aux nageoires charnues (type cœlacanthe[2]) mais bien dans l’eau avec une fonction marine dans des milieux côtiers (stabilisation, pagaie...), puis ont été détournées comme pattes par les tétrapodes.
De même, le poumon a peut-être d’abord servi de stabilisateur (sinon pourquoi des poissons en auraient-ils eu besoin ?) avant d’acquérir une fonction respiratoire.
Les poissons à poumons existent encore (dipneustes), ou bien se débrouillent très bien pour bouger avec de simples nageoires (poissons grenouilles).

Ce bricolage évolutif, où un organe est détourné pour une autre fonction se nomme exaptation, et j’adore ce mot. Autres exemples : les plumes apparues chez certains dinosaures comme isolant thermique, puis utilisées pour faciliter le vol (lequel vol est possible sans plumes : cf les animaux planeurs, les chauves-souris ou les ptérosaures) ; ou le sixième doigt du panda qui est un os du poignet déformé.

La sortie des eaux

Dans les livres de ma jeunesse (et même de celle de mes grands-parents...) le cheminement de « la sortie des eaux » était clair, je me souviens des images : dans un monde désertique livré à la sécheresse, un poisson « costaud des nageoires » et, coup de chance, doté d’un poumon, errait de flaque en flaque. Sélection naturelle aidant, les nageoires sont devenues des pattes et le règne des tétrapodes commençait. Certains ne restèrent que batraciens ; d’autres inventèrent l’œuf pour pondre loin de l’eau et devinrent reptiles, dont certains devinrent mammaliens puis mammifères, etc.

Ichthyostega_BW_d_apresAhlberg2005_ArthurWeasley_licenceGNU_320.jpgCe livre dynamite le vieux mythe (déjà moisi depuis longtemps chez les paléontologues je suppose). D’une part, « la » sortie des eaux est illusoire, puisque le phénomène a eu lieu de nombreuses fois : quand, au Dévonien, Ichtyosthega, pourtant loin d’être le premier tétrapode, se déplaçait comme un phoque sur les berges des fleuves où il passait son temps, la végétation avait déjà atteint une forme aussi complète qu’à présent, et les arthropodes (scorpions, mille-pattes métriques, et des crustacés occupés à devenir des insectes, tous au format géant) se répandaient déjà.

À l’Ère suivante, au Carbonifère, toute cette diversité explose, et pas seulement celle des tétrapodes cantonnés aux environnements marins. Certains d’ailleurs retourneront complètement dans l’eau, éventuellement en y perdant leur pattes (et ce ne sont pas les ancêtres des serpents). De manière générale, ce livre rend plus clair que les taxons actuels que nous connaissons (reptiles, batraciens, mammifères, dinosaures dont les oiseaux) ne sont qu’une infime partie de ce que les tétrapodes ont pu créer. Des embranchements entiers ont disparu au fur et à mesure des crises écologiques ou plus simplement de la bataille pour la vie.

Diplocaulus_BW_Arthur_Weasley_licenceGNU_320.jpgLe passage sur la lutte entre temnospondyles et lépospondyles paraîtra un peu oiseuse au non-spécialiste, ainsi que la question de savoir comment se rattachent à l’arbre de la vie les « lissamphibiens » (grenouilles, salamandres, anoures, etc.). Ces derniers ont en fait tellement évolué depuis le Carbonifère que les spécialistes s’étripent encore sur leur arbre généalogique.

Régulation

Un long passage détaille les mécanismes de formation des doigts. Selon le bon (et faux) vieux proverbe « l’ontogénie résume la philogénie », on peut l’observer sur les fœtus de poulet ou de souris. Il s’agit bien d’une innovation complète propre aux tétrapodes et pas d’une exaptation. On sera surpris d’apprendre que le nombre de cinq doigts n’a pas vraiment de « justification » ; Acanthosthega en avait huit !

C’est l’occasion d’un petit court sur les gènes de régulation de la croissance : autant que les gènes eux-mêmes, la manière dont ils s’expriment mène à des animaux très différents. Nos gènes de régulation sont fort voisins de ceux de la mouche !

La crise

La crise du Permien fait l’objet d’un chapitre. L’auteur ne tranche pas entre les hypothèses, qui ne s’excluent d’ailleurs pas mutuellement : régression océanique, volcanisme massif, météorite tueuse... Le résultat, je le rappelle, fut une extinction massive d’espèces bien pire que la crise suivante (celle qui a été fatale aux médiatiques dinosaures).

Qui dit extinction massive dit niches écologiques à remplir, et radiation évolutive. L’auteur insiste bien sur le fait que les espèces qui profitent de la crise existaient en général avant, mais étaient concurrencées par les genres dominants : la majorité de l’existence des mammifères (héritiers du dimétrodon) s’est déroulée à l’ombre des dinosaures.

Bref

À part la faute de goût d’un titre trompeur, on obtient là un bel exemple de ce qu’est la paléontologie, et une belle leçon d’évolution. Il faut aimer (ou au moins accepter de) engranger quelques termes « techniques » : sarcoptérygiens[3], amniotes, synapsides... (Ces trois termes, difficiles à recaser lors d’un dîner, nous désignent tous, ainsi que le chat du voisin ou un dimetrodon.) Celui prêt à fournir l’effort se fera plaisir, et enrichira sa culture après avoir oublié beaucoup de termes ; celui doté de la ténacité intellectuelle d’un George Bush regardera les images et les légendes. Le livre ne conviendra pas à un enfant (à moins que vous ne pensiez qu’il ne soit la réincarnation du regretté Stephen Jay Gould.)

L’auteur se met lui-même en situation et décrit son travail de paléontologue : fouilles sous le soleil de plomb du désert nigérien, analyse de fossiles aux rayons X, simulation numérique de contraintes sur les os, etc.

Sur la forme, la réalisation est parfaite, notamment avec les rabats de couverture reprenant l’un l’arbre phylogénétique des bestioles décrites dans le livre (et l’on voit que les mammifères sont notés tout en bas au bout d’une sous-sous-sous-branche), et l’autre la liste des périodes géologiques impliquées (car si le commun des mortels sait que le Jurassique et le Crétacé sont l’âge des dinosaures, il a plus de mal à situer le Carbonifère et le Dévonien, et j’avais de gros doutes sur la situation du Frasnien et du Famennien).

Les illustrations de Alain Bénéteau sont superbes et réalistes. J’aurais tendance à regretter qu’elles « lissent » un peu les différences de représentations qu’auraient pû donner plusieurs artistes, mais je pinaille. (Voir le PDF de présentation pour un échantillon.)

NB pour les Parisiens : les auteurs dédicacent chez Gibert samedi prochain !

Notes

[1] Ça sonne mieux que « poissonneux ».

[2] Vous saviez qu’un cœlocanthe avait plus en commun avec vous qu’avec un requin ou une truite ?

[3] Aucun rapport avec Celui-qui-ne-peut-être-nommé-sans-finir-dans-les-fichiers-des-Renseignements-Généraux.

mercredi 25 mars 2009

Les invasions d’espèces

C’était un article du Pour la science n° 376 du mois de février (donc ce n’est plus en kiosque), pages 22 et suivantes.

Question : les invasions d’espèces exotiques (naturelles ou à cause de l’homme) sont-elles directement responsables de la disparition des espèces locales ?

Réponse mitigée :

Les milieux isolés

Sur les milieux fermés, notamment les îles, la réponse est oui. Les cas abondent, par exemple aux Aléoutiennes : là où on a introduit les renards, les oiseaux sont beaucoup plus rares, le guano disparaît presque, et la prairie devient une toundra.
Pour la perche du Nil introduite dans le lac Victoria, qui a remplacé plusieurs espèces locales, c’est moins clair, la pollution peut avoir joué.

Les milieux ouverts

Et justement, l’intervention de l’homme semble plutôt la cause de l’installation d’espèces « exotiques », ou plus exactement « généralistes », peu exigeantes, mobiles, aimant les déchets, les nitrates et les milieux ouverts comme les champs, à la place d’espèces locales spécialisées. Ces dernières commencent par être affaiblies par la pollution, la déforestation, l’agriculture intensive... puis arrivent les espèces exotiques ou généralistes - elles ne sont donc pas la cause.

Exemples :

  • dans les grands lacs américains, la moule locale a été victime de l’asphyxie puis les moules zébrées européennes se sont répandues ;
  • les orties aiment l’azote : la pollution aux nitrates les avantage ;
  • l’ibis sacré est une des espèces invasives en France, mais la plupart des envahisseurs sont des généralistes locaux : pigeon ramier, merle, rouge-gorge !
  • ça ne date pas d’hier : coquelicot et bleuet sont des envahisseurs moyen-orientaux qui aiment les prairies... et ont suivi l’expansion de l’agriculture !

Au final, on observe une sorte d’« homogénéisation biotique » avec expansion de quelques espèces et raréfaction de la plupart (perte de biodiversité à la clé). Des indicateurs ont été mis au point qu’il serait fastidieux d’énumérer ici. En gros, plus la proportion d’espèces généralistes est forte, plus on peut considérer que le milieu naturel est perturbé (par l’homme, directement ou pas).

Moralité

Les espèces étrangères sont des boucs émissaires. La distinction est plutôt à faire entre espèces spécialisées d’un milieu et espèces généralistes, locales ou non. La biodiversité va continuer à en prendre un sacré coup à cause de la pollution et des techniques agricoles... (Bien noter qu’on ne parle pas ici de la lointaine jungle africaine, mais aussi des campagnes occidentales.)

mardi 17 février 2009

Dilemme matutinal : résolution

En sep­tem­bre 2007 j’avais fait part au monde à mes cinq lec­teurs de mon angoisse de salle de bain quo­ti­dienne : me met­tre plein d’ondes dans le crâne avec le rasoir élec­tri­que bruyant à éner­gie nucléaire, ou me cou­per ou pol­luer avec le rasoir méca­ni­que au résul­tat plus long mais plus agréa­ble ?

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samedi 14 février 2009

« Der Spiegel » du 19 janvier 2009 : Marienburg la martyre ; de Berlin à la Norvège ; argent pas cher ; tsunami vert au Brésil ; régulation de gènes ; A320 à la baille ; le temps de la radicalité

Entre moults arti­cles sur la chan­ce­lière, les mal­heurs de la Deut­sche Bank, et les faits divers, sur­nar­gent quel­ques arti­cles qui m’ont mar­qué de cet heb­do­ma­daire alle­mand.

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dimanche 8 février 2009

Un nouveau clavier Mac

J’ai acheté le cla­vier d’Apple. Bien mais des détails font tache.

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lundi 12 janvier 2009

Il y a quelqu’un dans mon compost !

Il y a quel­ques jours je m’éton­nais de voir mon com­post (essen­tiel­le­ment com­posé de stra­tes de déchets de cui­sine et de feuilles sèches récu­pé­rées dans des sacs à l’autom­nes) plu­tôt remué. Je m’étais dit que ma chère moi­tié y avait vidé un bac à fleurs ou que j’avais oublié y avoir laissé de la terre, cela m’avait étonné.

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jeudi 1 janvier 2009

Les marges des déserts, berceaux des civilisations

Une révé­la­tion sur la simul­ta­néité de l’appa­ri­tion de l’agri­cul­ture et de la civi­li­sa­tion dans les dif­fé­ren­tes par­ties du monde.

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jeudi 18 décembre 2008

« 118 h avant la fin » de Pierre Gévart

Ce tout petit livre recueille qua­torze nou­vel­les de science-fic­tion clas­si­que très cour­tes (moyenne de 4,5 pages/nou­velle). C’est la loi du genre, il y a du très bon, du bien et du moins bon.

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mercredi 10 décembre 2008

Du stockage des CD et DVDs en attente de filière de recyclage

Que faire des galet­tes de métaux lourds ?

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mercredi 26 novembre 2008

« Pour la Science » de décembre 2008 : sauropodes qui fermentent, mer Aral qui remonte.

Plein de peti­tes cho­ses.

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lundi 25 août 2008

« Homo disparitus » (“The World Without Us”) d’Alan Weisman

Et si l’humanité disparaissait du jour au lendemain, quelles traces laisserions-nous ? Alan Weisman décrit la désintégration progressive des restes de notre civilisation. Le plus durable n’est pas le plus évident. Et on ne le devinera pas sans de gros efforts de perspective historique.

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mardi 1 juillet 2008

Voyages-sncf.com : peut mieux faire

Problèmes concrets sur un site qui possède de graves lacunes même dans ses fonctions de base. Dommage.

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dimanche 8 juin 2008

Le Paradoxe de Fermi

« Pourquoi les petits hommes verts ne sont-ils pas déjà là ? »

C’est pour moi l’une des énigmes les plus passionnantes de notre temps ; elle a l’air simple mais les implications scientifiques ou philosophiques sont en fait monstrueuses. On pourra jeter un œil à l’article Wikipédia adéquat que je n’ai pas l’intention de paraphraser.

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dimanche 1 juin 2008

Répercussion du prix du baril à la pompe

Régression linéaire du prix à la pompe et simulations en fonction du prix du pétrole, du cours du dollar et la TIPP.

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mardi 29 avril 2008

Le robot désherbeur

La robotique est-elle l’avenir du bio et de la culture en Occident ? Un robot capable d’arracher méticuleusement et soigneusement chaque mauvaise herbe, voire de détruire mécaniquement les pucerons un à un, serait la solution à bon nombre de problèmes de pollution actuels.

Rien que pour m’épargner la chasse aux pissenlits ou l’arrachage de la mousse je serais prêt à en acheter un...

 http://www.hortibot.dk/index.html

mardi 1 avril 2008

Le lac vidé comme un lavabo

On dirait du Tex Avery mais ça s’est vraiment passé : un lac vidé comme un lavabo :

http://www.damninteresting.com/?p=6

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mardi 12 février 2008

Composition d’une pâte brisée

Merci à Jean-Pierre Coffe d’avoir attiré l’attention de ses auditeurs dessus : une bête pâte brisée recèle des trésors de technologie parfois inquiétants.

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jeudi 13 décembre 2007

« Les racines du ciel » de Romain Gary

Dans l’Afrique coloniale française, un fou veut sauver les éléphants. Récupération, tornade médiatique, conflit avec les colons comme les indépendantistes... Un grand roman !

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mercredi 7 novembre 2007

Paris, la ville qui hait la verdure

Profiter des jardins publics parisiens est quasiment mission impossible vus leurs horaires.

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mercredi 19 septembre 2007

L’extinction du Permien et autres mégacatastrophes anciennes

Bien avant les dinosaures, la Terre a connu de très grosses et bêbêtes, et des extinctions massives - qui font d'autant plus réfléchir sur l’avenir de notre planète.

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mardi 11 septembre 2007

Dilemme matutinal

Pour ma santé et pour la planète, que choisir entre rasoir mécanique et rasoir manuel avec mousse ?

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mercredi 1 août 2007

La Terre de nuit

Rien de très original, juste un lien sur une image qui me fascinera toujours : la Terre de nuit. (Merci à la Nasa)

La Terre de nuit, version réduite

dimanche 29 juillet 2007

Consommations électriques (2) : le coin PC

Appareil par appareil, la consommation du monceau d’électronique qu'est un coin PC moderne.

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jeudi 26 juillet 2007

Consommations électriques (1) : le coin télé

Appareil par appareil, la consommation du monceau d’électronique qu'est un coin télé moderne.

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mardi 3 juillet 2007

Des kilowatts d’alims (3)

Calcul du coût annuel de la marche d’un PC, et écogestes envisageables.

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lundi 2 juillet 2007

Des kilowatts d’alims (2)

Les grosses alimentations ont leur utilité, sur certaines configurations. Diverses tendances sont actuellement à l’œuvre pour contourner le mur de la chaleur et continuer la course aux performances sur d’autres plans que les GHz.

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dimanche 1 juillet 2007

Des kilowatts d’alims (1)

Combien un PC consomme-t-il de watt-heures ? Quelles sont les parties les plus énergivores ?

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vendredi 1 juin 2007

“Red Mars”, “Green Mars”, “Blue Mars” de Kim Stanley Robinson

La Trilogie martienne est LA référence en matière de science-fiction réaliste sur la colonisation de Mars

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jeudi 31 mai 2007

Le scandale du DHMO

Je n’ai pas le temps de faire autre chose qu’un billet rapide, mais le scandale est trop important : un composé hautement dangereux se diffuse dans le public depuis des lustres sans que personne réagisse !

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dimanche 4 mars 2007

Première récolte !

...de compost !

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vendredi 8 décembre 2006

Amusons-nous avec le télémarketing : l’article que j’aurais voulu écrire.

Un guide pour lutter contre le harcèlement téléphonique.

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dimanche 19 novembre 2006

Références glissantes, extinctions de masse, purée d’orties et univers calculable (« Pour la Science » de novembre 2006)

Le dernier Pour la Science n’est pas très rassurant sur l’avenir de la planète : « références glissantes » qui faussent notre perspective, effet de serre tendant vers l’extinction thermique, lacs de CO2...

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lundi 9 octobre 2006

« La mère des tempêtes » de John Barnes

Le réchauffement planétaire puissance mille donne des cyclones de dimension planétaire. Un roman assez prenant.

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dimanche 16 juillet 2006

Un meuble de cuisine

Char­cu­tage d’un meu­ble de cui­sine cou­pa­ble de coups et bles­su­res.

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lundi 12 juin 2006

Des versions originales des citations (3) : les citations douteuses

Il ne faut pas faire aveuglément confiance aux citations que l’on trouve sur le web.

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jeudi 3 novembre 2005

Le Krakatoa et l’histoire du monde

En 535 l’éruption d’un volcan (le Krakatoa ?) a changé l’histoire du monde. Rien que ça. Et on ne le savait pas jusque récemment.

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dimanche 11 septembre 2005

Bruce Schneier, Katrina, et la réactivité aux catastrophes

Morale de la castastrophe de la Nouvelle-Orléans de la part d’un expert en sécurité.

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